Avant Way of the Sword, je n’avais encore jamais croisé le fer dans l’univers d’Onimusha. Je partais donc sans nostalgie particulière ni véritable point de comparaison avec les anciens épisodes. Pourtant, quelques heures de jeu ont suffi pour me donner envie de poursuivre l’aventure. Son mélange entre le Japon historique, les démons et les combats au sabre fonctionne rapidement, tandis que l’ambiance et la personnalité de Musashi donnent à l’ensemble une vraie identité. Tout n’est pas parfait, mais cette première rencontre s’est révélée bien plus convaincante que prévu. Test réalisé à partir d’une clé fournie par l’éditeur sur Xbox Series X.
Kyoto, un terrain de jeu aussi beau que dangereux
L’aventure nous emmène dans un Kyoto de l’époque d’Edo. La ville est envahie par les Genma, des créatures démoniaques qui transforment les rues et les temples en lieux dangereux. Se promener dans cet environnement est plaisant. Les décors donnent souvent envie de s’arrêter quelques secondes pour les observer. Certains temples sont magnifiques et les pièces regorgent parfois de petits détails.
Un couché de soleil au pays du soleil levant.
Tout n’est pas parfaitement régulier. Certains lieux sont plus travaillés que d’autres. Malgré cela, l’ensemble reste très agréable à regarder. Au fil de l’aventure, je me suis attaché à cette ambiance. Il m’est arrivé de vouloir quitter le chemin principal pour explorer un peu. Les ressources, les coffres et les passages secondaires donnent une bonne raison de fouiller les environs. Le monde n’est pas immense, ce qui constitue plutôt une qualité. On évite ainsi de traverser de longues zones sans grand intérêt.
Cette première impression positive est toutefois nuancée par les débuts de l’aventure, qui mettent un certain temps à trouver leur rythme.
Une aventure qui tarde à démarrer
L’introduction m’a laissé une impression plus mitigée. Elle avance en ligne droite et contient aussi beaucoup de cinématiques. Ces scènes sont très bien réalisées et possèdent parfois un côté aventure à la Indiana Jones. Le héros se retrouve dans des situations compliquées. Pourtant, il s’en sort toujours au dernier moment. Ce mélange de confiance et de chance le rend immédiatement sympathique. Même lorsqu’il commet une erreur, il parvient souvent à retomber sur ses pieds.
En revanche, Onimusha met trop longtemps à nous laisser respirer. J’ai parfois eu le sentiment de regarder un film plutôt que d’y jouer. Heureusement, il s’agit d’un excellent film. Le tutoriel explique absolument tout : il présente chaque touche, montre comment utiliser la carte et détaille même des actions très simples. Je comprends l’intention, car les nouveaux joueurs peuvent ainsi prendre leurs marques. Personnellement, j’ai trouvé cette période un peu étouffante.
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Même notre héros a trouvé l'introduction longue.
Cependant, la situation s’améliore rapidement. Une fois les didacticiels terminés, l’aventure devient plus naturelle. Les fenêtres d’aide disparaissent et le jeu nous laisse enfin avancer à notre rythme.
Une prise en main qui manque de souplesse
Sur Xbox, un détail m’a souvent agacé. La touche View, située à gauche du bouton Xbox, sert à mettre le jeu en pause. La touche Menu, à droite, ouvre l’inventaire. Dans beaucoup d’autres jeux, ces fonctions sont inversées. Résultat : j’ai régulièrement ouvert mon inventaire alors que je voulais simplement mettre le jeu en pause. Ce n’est pas un défaut majeur, mais cette confusion m’a accompagné pendant une bonne partie de l’aventure. À force, j’ai fini par m’y habituer, même si les premières heures ont été assez déconcertantes.
La configuration de la manette n’arrange pas vraiment les choses. Deux réglages prédéfinis sont disponibles, mais ils modifient très peu la disposition des commandes. Une personnalisation complète aurait été appréciable, afin que chacun puisse attribuer les touches selon ses habitudes.
Le sabre, avec ou sans le sang
Onimusha peut être très violent. Les combats sont sanglants et les ennemis sont parfois découpés de manière assez spectaculaire. Pourtant, le jeu pense aux joueurs qui souhaitent réduire cet aspect. Les options permettent de retirer les traces de sang. Il est aussi possible d’en modifier la couleur. Le démembrement peut également être désactivé.
J’ai trouvé ces réglages bienvenus. Tout le monde ne recherche pas le même niveau de violence et le fait de pouvoir adapter l’expérience est toujours appréciable. Des options permettent également de rendre les combats plus accessibles, notamment en facilitant l’identification des attaques et des esquives. La difficulté peut donc mieux s’adapter à chaque joueur.
Je conseille malgré tout de commencer en mode normal. Les premiers ennemis sont assez faciles et peuvent donner une fausse impression de maîtrise. Plus tard, les boss rappellent rapidement que Musashi n’est pas invincible.
Musashi, un héros attachant
Notre héros est plein de surprises.
L’histoire ne m’a pas particulièrement marqué. Elle sert surtout de prétexte pour traverser Kyoto et affronter les Genma. Cependant, Musashi apporte beaucoup de charme à l’aventure. Sûr de lui, parfois arrogant, il sait aussi plaisanter dans les situations dangereuses.
Au début, il donne l’image d’un homme qui se croit supérieur aux autres. Ensuite, on découvre un personnage plus humain. Derrière son attitude détachée, il se montre capable d’empathie. C’est ce contraste qui m’a plu. Musashi prétend ne pas se soucier des autres. Pourtant, il intervient souvent pour les aider.
Je me suis donc davantage attaché à lui qu’à l’intrigue principale. Ses réactions donnent de la vie aux cinématiques. Il possède une vraie présence.
Cette personnalité permet heureusement à l’aventure de compenser une histoire qui reste relativement simple.
Quand Kyoto manque encore de voix
Il ne sait pas encore ce qui l'attend.
La version française est agréable à écouter. Les voix correspondent bien à l’ambiance du jeu et la version originale reste également convaincante. J’ai néanmoins regretté que certains dialogues secondaires ne soient pas doublés. Dans plusieurs rencontres, les sous-titres apparaissent directement à l’écran. Cela concerne surtout les rencontres fortuites et les échanges optionnels. Musashi réagit alors avec quelques mots très courts, parfois réduits à un simple « ouais » ou à un « super ». Sur le moment, cela m’a sorti de l’ambiance. Ces personnages auraient mérité quelques lignes supplémentaires. Même de petits échanges doublés auraient rendu Kyoto plus vivant.
Les habitants sont aussi souvent immobiles pendant l’exploration. En revanche, dans les cinématiques, ils courent et bougent dans tous les sens. Ce décalage m’a amusé au début, avant de finir par me gêner un peu. J’aurais aimé que les habitants réagissent davantage à l’invasion des Genma.
Ces limites dans la mise en scène des personnages contrastent avec une progression qui, elle, donne régulièrement envie de continuer.
Chaque amélioration donne envie d’aller plus loin
Diverses atmosphères sont à parcourir.
Les ressources servent à améliorer le gantelet, la tenue et le sabre. Cette progression est simple à comprendre et reste surtout très agréable. Chaque amélioration donne une raison supplémentaire de poursuivre l’exploration. On recherche de nouveaux coffres, on fouille les bâtiments et l’on affronte quelques ennemis supplémentaires pour récupérer les ressources nécessaires.
Le gantelet d’Oni permet aussi d’absorber les âmes des ennemis. Ces âmes ont différentes fonctions, notamment pour progresser et récupérer des ressources. Petit à petit, Musashi devient plus puissant. Surtout, ses possibilités de combat s’élargissent. J’ai aimé cette évolution, car je ne débloquais pas seulement des statistiques : je gagnais aussi de nouvelles manières de jouer.
Se battre oui, mais avec le ventre plein.
La vision d’Oni accompagne l’exploration. Elle permet de repérer certains objets et éléments importants. Je l’ai trouvée utile sans la considérer comme indispensable. Elle évite de fouiller chaque pièce pendant plusieurs minutes et permet aussi de comprendre plus rapidement ce qui peut être utilisé. Ce pouvoir renforce l’identité du gantelet, qui ne sert pas uniquement à absorber les âmes. Il devient également un outil pour observer le monde.
Les Hokora, des havres de paix bienvenus
Les petits temples appelés Hokora sont très bien placés. Ils servent de points de repos et d’amélioration. On peut y renforcer les armes et les tenues, mais aussi modifier l’apparence du personnage. Ces lieux deviennent donc rapidement familiers. Quand j’en trouvais un après une zone dangereuse, je ressentais un vrai soulagement, même si de nombreux points de contrôle jalonnent le chemin.
Un mode Arène est également disponible. Il permet d’affronter une nouvelle fois certains boss déjà vaincus. C’est une bonne idée pour ceux qui souhaitent perfectionner leur technique. La fonction reste cependant assez secondaire, car j’aurais aimé davantage de variété dans les défis proposés.
Ces améliorations seraient moins intéressantes sans un système de combat suffisamment solide pour leur donner une véritable utilité.
Test Onimusha Way of The Sword : le sabre au cœur de l’expérience
Les combats sont la grande réussite du jeu. Ils reposent sur le timing, les parades et les esquives. Chaque coup possède un vrai poids, que l’on ressent dans le son, les animations et les effets à l’écran. Lorsque deux lames se rencontrent, l’impact est particulièrement satisfaisant. J’ai parfois recommencé un combat simplement pour tenter de mieux réussir mes parades.
Les affrontements ne sont ni trop lents ni excessivement rapides. Le rythme me convient parfaitement. Il faut observer l’ennemi, attendre le bon moment, puis frapper avec précision. Au début, je jouais parfois de manière trop agressive. Je voulais simplement avancer et éliminer les Genma. Puis j’ai compris que la défense était essentielle. À partir de ce moment, les affrontements sont devenus beaucoup plus agréables. Je ne les subissais plus : je commençais réellement à les maîtriser.
Cette exigence devient encore plus évidente lors des affrontements contre les boss.
Des boss qui mettent l'épée à l’épreuve
Hmm... Notre lame va saigner !
Les premiers ennemis ne doivent pas donner trop confiance. La véritable difficulté se trouve surtout dans les boss. Ces combats sont généralement spectaculaires. Les adversaires sont bien animés et possèdent des attaques reconnaissables ainsi que plusieurs phases.
La mise en scène renforce leur puissance. On sent que chaque boss représente un moment important. J’ai ressenti une vraie satisfaction après certaines victoires, non seulement parce que le combat était terminé, mais aussi parce que j’avais le sentiment d’avoir progressé.
Quelqu'un reconnait cette architecture ?
Les boss optionnels prolongent cette expérience. Ils permettent de tester ses réflexes sans suivre directement l’histoire. Mon principal regret concerne leur variété. Il n’y en a pas assez pour éviter une impression de répétition. C’est dommage, car la qualité des combats aurait permis d’accueillir davantage de défis.
Cette mise en scène des affrontements s’appuie aussi sur une direction artistique qui contribue fortement à l’identité du jeu.
Un Japon fantastique sublimé par la réalisation
Se faufiler dans un passage étroit reste joli.
Les cinématiques sont parmi les plus beaux moments du jeu. Prenantes, elles donnent une vraie énergie à l’aventure. La lumière fonctionne très bien dans plusieurs décors et certaines pièces possèdent une atmosphère presque contemplative. Le jeu profite en outre du moteur RE Engine, qui n’a plus rien à prouver.
Je me suis parfois arrêté simplement pour observer un temple ou une salle. Entre deux combats, l’aventure parvient ainsi à créer des moments calmes. Les lieux sont toutefois inégaux. Certaines zones impressionnent beaucoup, tandis que d’autres paraissent plus simples. Globalement, la réalisation reste satisfaisante et sert bien l’ambiance du Japon fantastique.
Onimusha: Way of the Sword utilise une structure très classique. On retrouve des trésors, des ressources, des quêtes secondaires et des zones à explorer. Cela fonctionne, mais laisse parfois une impression de déjà-vu. Les dialogues secondaires ne sont pas toujours doublés et les personnages manquent aussi de vie pendant l’exploration.
Un retour réussi pour Onimusha ?
Avec une ambilight, c'est un florilège de couleurs dans le salon.
Je ressors de cette aventure avec un sentiment très positif. C’est mon premier pas dans l’univers d’Onimusha, et je suis donc heureux de l’avoir découvert avec un épisode aussi accessible. L’histoire ne m’a pas passionné à chaque instant, certaines quêtes secondaires m’ont laissé indifférent et la structure générale aurait mérité davantage d’audace.
Malgré cela, Way of the Sword ne révolutionne pas le jeu d’action, mais il comprend parfaitement ce qui rend un affrontement satisfaisant. Ses combats précis, ses affrontements de boss et son ambiance japonaise fantastique lui donnent une véritable identité. Les joueurs qui apprécient les systèmes fondés sur l’observation, la parade et la progression devraient y trouver une aventure classique, mais particulièrement plaisante à maîtriser.
Au fil des heures, j’ai eu de plus en plus envie de jouer. Je lançais le jeu pour avancer dans l’histoire, puis pour améliorer une arme, affronter un ennemi supplémentaire ou apprendre les prochains enchaînements des boss. Parfois, une simple promenade à Kyoto me suffisait, avec pour unique objectif de rechercher un coffre ou de tester une nouvelle capacité.
C’est là que le jeu m’a vraiment accroché. Il ne cherche pas toujours à surprendre, mais il comprend parfaitement comment transmettre des sensations.
Conclusion : une belle première rencontre
Onimusha: Way of the Sword ne révolutionne pas le genre. Son introduction est trop longue, ses dialogues secondaires manquent parfois de finition et les boss optionnels ne sont pas assez nombreux. La structure générale reste également très classique.
Pourtant, ses combats, son ambiance et la personnalité de Musashi lui donnent une véritable identité. J’ai aimé sentir mes progrès, apprendre les attaques des boss et devenir plus précis avec mon sabre. Les joueurs à la recherche d’un jeu d’action exigeant, mais accessible, devraient y trouver une aventure agréable à parcourir et à maîtriser.
Je ne connaissais pas Onimusha avant de lancer Way of the Sword, et le jeu n’a donc pas bénéficié de la nostalgie pour me convaincre. Il y est pourtant parvenu grâce à ses affrontements, à son atmosphère et à son héros. Malgré quelques défauts de rythme et une structure parfois convenue, cette découverte s’est révélée suffisamment plaisante pour me donner envie de suivre plus attentivement l’avenir de la série.
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